jeudi 21 mars 2013

PROPOSITION DE LOI SOCIALISTE AUTORISANT LA RECHERCHE SUR L’EMBRYON HUMAIN : DE LA BIOETHIQUE EN CATIMINI

La nouvelle rédaction de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique adoptée en première lecture par le Sénat et examinée ce matin en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale propose un bouleversement majeur des conditions de la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

D’un régime d’interdiction assorti de dérogations, le texte propose un régime d’autorisation encadrée.

Pourtant, et alors que la commission des affaires sociales devrait en priorité se consacrer à des textes pour favoriser l’emploi et lutter contre le chômage, c’est en catimini que la majorité socialiste opère.

Ainsi, par une astuce réglementaire, les socialistes se dispensent de toute consultation populaire sur un sujet pourtant éminemment sociétal.

Lorsque nous avions voté la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique, c’était d’une main tremblante et seulement après avoir tenu des états généraux de la bioéthique, un débat public ouvert à tous sous la forme de forums citoyens notamment à Marseille en 2009.

Une fois de plus, le gouvernement méprise les français en les tenant à l’écart d’un sujet qui constitue le cœur du droit bioéthique français et l’un des fondements philosophique de notre société. L’éthique ne relève pas des experts, elle ne relève pas des hommes et des femmes politiques, mais des citoyens.

A ce mépris s’ajoute l’ignorance. En effet, comment peuvent-ils rouvrir la question de la recherche sur l’embryon humain alors même que les progrès extraordinaires de la science, des travaux de Marie-Louise Labat (CNRS) aux découvertes des professeurs Yamanaka et Gordon, ont démontré que la recherche sur les cellules embryonnaires est désormais supplantée par les cellules non-embryonnaires du sang du cordon ou de la moelle osseuse ?

La motivation n’est donc pas scientifique, il ne s’agit pas de promouvoir la recherche. Mais bien d’une démarche purement idéologique et scientifiquement passéiste dont les conséquences en termes de dérives et d’instrumentalisation seront lourdement payées.