mardi 26 août 2014

Réaction de Valérie Boyer suite à sa Question Écrite relative à Boko Haram

Le 6 mai dernier, j’adressais une question écrite au ministre des Affaires étrangères, sur la situation des jeunes lycéennes nigérianes, enlevées par la secte islamiste Boko Haram le 14 avril. Face à cet acte barbare, j’ai demandé au gouvernement d’intervenir auprès de la communauté internationale afin de leur venir en aide et de mettre fin à cette situation.

La réponse que m’a adressée le ministre n’est pas à la hauteur de l’enjeu : une équipe spécialisée a été envoyée sur place ; un sommet international a été organisé … Mais pour quels résultats ? Aujourd’hui, plus de 200 jeunes filles restent introuvables. Pire, Boko Haram a multiplié les enlèvements depuis l’envoi de nos forces armées : plus de 120 personnes ont encore disparu, à la barbe des forces internationales déployées.

Que font les soldats envoyés au Nigéria, si tant est qu’ils soient toujours sur place … Nous pouvons légitimement nous poser la question, devant le silence du gouvernement pendant son black-out estival.

Certes, l’engagement de la France continue sur d’autres fronts, même pendant les vacances de ses ministres.  Mais les terroristes de Boko Haram ne font pas plus de trêve d’été que les djihadistes qui persécutent les chrétiens d’Irak. Les chrétiens du Nigéria sont de nouveau victimes de l’attentisme international.

Et pourtant, quel aveugle que celui qui ne verrait pas – ou ne voudrait pas voir – le véritable génocide culturel qui se trame en toile de fond de tous ces événements, auxquels les gouvernements assistent, immobiles ? Partout dans le monde, c’est  la civilisation occidentale, aux racines judéo-chrétiennes, qui est visée par ces événements.

Les fruits de cette construction millénaire, tels que la « liberté de pensée, de conscience et de religion » affirmée dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (1948), tolérant toutes les croyances, sont aujourd’hui piétinés par l’Islam extrémiste et conquérant.

L’alternative laissée aux victimes de Boko Haram est simple : la soumission idéologique, ou la mort. Plus de 2000 personnes ont été massacrées au Nigéria dans les 7 premiers mois de l’année 2014. Les jeunes chrétiennes ou animistes enlevées auraient été vendues pour une douzaine de dollars au Tchad et au Cameroun, ou converties puis mariées de force. Alors que les massacres et les enlèvements continuent, le monde et les Européens découvrent médusés que la barbarie est à nos portes, pire que celle décrite dans nos livres d’Histoire … Des actes d’une telle cruauté sont intolérables ! Ces terroristes organisent la destruction de toute idéologie dissidente, et la mise en place d’une pensée unique.

Que fait le gouvernement, qui semble oublier la nécessité impérieuse de maintenir la stabilité dans cette région d’Afrique, dont tous les pays limitrophes du Nigéria entretiennent des relations diplomatiques privilégiées avec la France ? Quelle est l’implication concrète de la France, de l’Europe et des instances internationales, du  gouvernement et de l’armée nigériane, suite aux engagements pris aux sommets de Paris et Londres ?

Et que fait la presse, qui semble elle aussi suivre les effets de mode ? Un malheur en remplace un autre, et les Nigérianes tombent aux oubliettes … Nous assistons à un véritable zapping médiatique, qui impose à l’opinion publique de suivre le programme de la semaine. La mobilisation citoyenne « Bring back our girls » avait elle-même réveillé les consciences au mois de mai. Mais les projecteurs braqués sur le Nigéria se sont bien vite éteints.


Aujourd’hui, je m’indigne du traitement réservé aux exactions commises par Boko Haram.
Le courage politique ne réside pas dans l’allumage constant de contre-feux médiatiques, destinés à dissimuler ses échecs derrière un écran de fumée. Je demande au gouvernement d’oser informer l’opinion publique de l’avancée des opérations au Nigéria.