vendredi 19 septembre 2014

La communauté arménienne perd sa doyenne

C’est avec une grande tristesse mais aussi beaucoup de respect et d’admiration que nous avons dit adieu à la grand-mère de toute la communauté arménienne, Madame Ovsanna Kaloustian, dont les obsèques ont été célébrées le mercredi 17 septembre 2014 en la cathédrale apostolique arménienne du Prado à Marseille.


Ovsanna Kaloustian était l’une des dernières rescapées du génocide des Arméniens en Turquie Ottomane perpétré en 1915 et la seule survivante en France du massacre d’Adabazar.

Toute sa vie durant, elle a porté sans relâche le témoignage du génocide qui, cent ans après les massacres, souffre toujours l’affront d’un négationnisme libéré.

Comme l’a très justement dit Monsieur Jacques Donabédian, « la doyenne des français d’origine arménienne s’est éteinte, était et restera à jamais une des preuves de la vitalité du peuple arménien après tant d’épreuves et un fort symbole du combat contre l’oubli et le négationnisme pour les générations futures. En elle on revivait le parcours douloureux de nos aïeux et les valeurs qu’ils ont réussi à nous transmettre malgré les vicissitudes.»


En effet, Ovsanna Kaloustian était la mémoire du génocide arménien, symbole de la lutte pour sa reconnaissance puis pour la pénalisation du négationnisme. Sa disparition intervient quelques mois avant le centenaire et je souhaiterais à titre posthume que la France apaise quelque peu ses souffrances en promulguant enfin une loi de pénalisation du négationnisme. J’ai déposé une proposition de loi en ce sens à l’Assemblée nationale et j’espère que son étude et son adoption permettront de lui rendre hommage en pénalisant la négation de l’horreur qu’elle a vécue.

Je renouvelle à tous ses proches et à tous les Arméniens de France mes plus sincères condoléances.