mardi 7 octobre 2014

"Le corps ne s'achète pas !" Valérie Boyer réaffirme son opposition à la GPA




Plus d’un an après le vote de la loi autorisant le Mariage pour Tous, j’ai tenu à participer, ce dimanche, à Paris, à la « Manif pour Tous » réunissant plus de 500 000 personnes. Ces milliers de français sentent leur civilisation en danger et souhaitent défendre la famille, en s’opposant à la Gestation Pour Autrui (GPA).

La « circulaire Taubira », du 25 Janvier 2013, facilitant la délivrance des certificats de nationalité pour les enfants nés à l’étranger d’une procédure de Gestation Pour Autrui, constitue une porte d'entrée à l'acceptation de la GPA.  Outre le fait qu'il est complétement paradoxal de légaliser un acte commis à l'étranger mais prohibé en France, le risque principal est de voir se développer un tourisme procréatif. J’ai cosigné, cet été, une proposition de loi de mon collègue Jean Leonetti, visant à renforcer les sanctions à l'encontre des agences qui organisent ce trafic d'être humain et punir les personnes qui ont recours à cette pratique illicite. Il serait intéressant de demander au comité consultatif national d'éthique de s'exprimer sur ce sujet fondamental à l'heure où l'Allemagne, par exemple, a clairement pris position en ne reconnaissant ni la GPA, ni la parentalité acquise par GPA à l'étranger.

                Le flou juridique qui entoure la GPA en France conduit les différentes juridictions à se prononcer au cas par cas, ce qui menace la stabilité du dispositif. Ainsi, le 26 juin 2014, la Cour européenne des droits de l'Homme condamnait la France car la Cour de cassation s'était opposée à ce que les filiations issues de conventions organisées aux États-Unis soient transcrites sur l'état civil français. Au-delà du cadre de la légalité, la protection et l'inaliénabilité de la personne humaine sont essentiellement remises en cause, révélant une grave inflexion déontologique. Les contrats de « mères porteuses » font de la femme et de l'enfant des objets de commerce.

Les mères porteuses étrangères, il faut le rappeler, ne louent pas leur ventre dans un geste altruiste et généreux mais parce qu'elles sont dans une situation de précarité et de pauvreté extrêmes, constituant ainsi, une forme d’esclavage moderne.  Notre Etat de droit se doit de combattre toutes formes d’esclavage et non de les aménager !  Nous nous devons de protéger ces femmes. Libéraliser la GPA reviendrait à se servir de leur misère et de leur détresse  à l’image du trafic d’organes où des individus exploitent la précarité des personnes vulnérables.


                Où sont les féministes ? Où va la France pays des Droits de l'Homme ?  Le corps ne s’achète pas et  ne peut être vendu en pièces détachées ! A fortiori, lorsque l’espérance d’une rémunération se trouve être l’unique motivation de ces femmes en situation de précarité. Lorsqu’il s’agit du respect du corps humain, comme l’a écrit Walt Whitman : « Si quelque chose est sacré,  le corps humain est sacré ».