vendredi 24 octobre 2014

Le savon de Marseille attend toujours le décret qui permettra sa protection

Hier, nous avons appris que Laguiole, membre du Collectif des Indications Géographiques pour les produits industriels et artisanaux, dont sont également membres le Savon de Marseille, la Porcelaine de Limoges ou encore la Dentelle du Puy, va récupérer officiellement l’usage de son nom. A Marseille, à cause de l’inertie du Gouvernement, nous attendons depuis plus de sept mois la parution d’un décret qui permettra à notre savon d’être enfin protégé.

La loi sur la consommation du 18 mars 2014 a étendu le dispositif des IG aux produits industriels et artisanaux afin  d’assurer une protection juridique aux filières locales françaises et une garantie pour les consommateurs.

Il est incompréhensible que la parution du décret d’application de cette disposition prenne autant de temps. Alors que tout laissait à penser que le savon de Marseille aurait fait l'objet d'un décret d’application rapide grâce à une bonne coordination des savonniers et une charte déjà rédigée, nous n’avons aucune réponse du Gouvernement quant à son inaction sur le sujet malgré le courrier que j’ai adressé à la Secrétaire d’Etat à l’Artisanat.

J’ai été la première à défendre de la protection du savon de Marseille et la ténacité et la persévérance ont été récompensées. En effet, cela fait désormais plus de trois ans que je me suis investie sur le plan législatif pour le savon de Marseille à travers des questions écrites, une proposition de loi visant à créer un dispositif d’enregistrement des indications géographiques pour les produits industriels, des rencontres avec le Ministre Frédéric Lefebvre et avec les savonniers de Marseille, Bernard Demeure (Compagnie des Détergents et du Savon de Marseille), Gilbert Latour (Savonnerie du Midi) et Julie Bousquet-Fabre (Union des professionnels du savon de Marseille).

Sauver le savon de Marseille, c’est sauver l’identité de toute une région et c’est également sauver des emplois. Les savonniers attendent et de nombreux emplois sont en jeu, le Gouvernement va-t-il prendre le risque que son inaction le rendre coupable de la destruction d’emplois dans un contexte économique déjà dégradé ?