jeudi 15 janvier 2015

Valérie Boyer : "Le Président Turc dépasse les bornes"



Ce mercredi, un tribunal turc a ordonné le blocage des sites internet qui publient la Une du numéro de Charlie Hebdo sorti ce matin en kiosque.

Seul un journal d'opposition turc a bravé les pressions et menaces qui se multiplient dans les pays musulmans en publiant ce matin la Une du journal satirique.

Cette nouvelle restriction sur la liberté d’expression mise en scène par le gouvernement turc intervient alors même que le dimanche 11 janvier, à l’occasion de la grande marche républicaine en hommage aux victimes des attentats, la Turquie était représentée par le  premier ministre Ahmet Davutoglu.

Le lundi 12 janvier, au lendemain de la marche silencieuse qui rassemblait des millions de Français et une cinquantaine de chefs d’états, le président Turc Erdogan n’a pas su rester aussi silencieux.
A l’occasion de la conférence de presse qu’il a donnée le lendemain soir il a ouvertement accusé la France d’être responsable de ce massacre pour faire accuser « les musulmans ».

Et de rajouter «  En tant que musulmans, nous n’avons jamais pris le parti de la terreur ou des massacres : le racisme, les discours de haine, l’islamophobie sont derrière ces tueries », puis « Les coupables sont clairs : les citoyens français ont commis ce massacre et les musulmans sont blâmés pour cela. ».

Le Président Turc dépasse les bornes !

Après avoir affirmé que les hommes et les femmes ne pouvaient pas être égaux car c’est contre nature, la corruption, la répression, l’interdiction de la liberté d’expression, Erdogan continue d’exercer son totalitarisme au mépris des règles élémentaires d'un État de droit.

François Hollande  reste muet face au cynisme et aux provocations d’Erdogan. Une fois encore avec cette ingérence dans les affaires intérieures françaises nous assistons à une nouvelle séquence de diplomatie de la menace qui se double d'une justification de la haine et du terrorisme.

A l’aube de la commémoration du centenaire du génocide arménien nous devons plus que jamais être unis et faire en sorte d’éviter que l’histoire ne bégaye.