dimanche 8 mars 2015

Tribune internationale de Valérie Boyer "Repensons le féminisme"

Partout dans le monde, repensons le féminisme !


En ce 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, il est important de mobiliser chacun d’entre nous sur la question du statut des femmes dans la société.

Depuis 2008, une soudaine forme de « féminisme » est apparue en France sous les traits du mouvement Femen  et qui depuis ne cesse de faire parler de lui, notamment en raison d'une opacité de ses origines, ses motivations profondes et son financement.

Ce groupe, adepte d'un féminisme radical qu'elles appellent « sextrémisme », emploie les méthodes de la profanation et de la provocation en se promenant seins nus pour créer le buzz.

Ces profanations obscènes de lieux sacrés démontrent l'irrespect de ces femmes pour les croyances intimes des personnes, leur déni de la liberté de conscience et leur goût de la provocation

Si cette « guerre » du féminisme est rendue publique grâce aux médias, de nombreuses combattantes de l’ombre œuvrent au quotidien et souffrent chaque jour de l’ablation de ces droits.

Battante Amina El Filali, 16 ans, morte pour la liberté et dont l’histoire a bouleversé le Maroc. Cette jeune femme qui a préféré mourir libre que de vivre à genoux, contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée donnant suite à de nombreuses manifestations pour faire évoluer la situation des femmes dans le pays.

Battante Momtaz, 16 ans, défigurée par une attaque à l'acide, qui manifeste avec une centaine d'autres Afghanes après le meurtre d'une femme de 22 ans accusée d'adultère. Rassemblées à Kaboul elles réclament la "justice pour les femmes afghanes".

Battante, Malaya Youzafzaï, 17 ans, prix Nobel de la Paix, icone mondiale du combat pour l’Education des filles, quand une fille sur 5 en âge d’être scolarisée est privée d’éducation. « Il est temps de réagir pour que plus jamais nous ne voyons un enfant privé d'éducation. »

Battante, Dana Bakdounis, jeune égyptienne qui a posté sur le réseau social une photo d’elle sans voile pour soutenir le soulèvement des femmes du monde arabe car la Liberté est universelle et que pendant vingt ans, elle n'a pas été autorisée à sentir le vent dans ses cheveux. 

Battante Maryam Marzakhani, iranienne et mathématicienne qui a reçu la médaille Fields en 2014 et qui a affirmé la place des femmes à l’université en Iran : «Je devais sans cesse expliquer qu’en tant que femme, oui j’avais le droit d’entrer à l’université en Iran». 

Battantes, ces femmes Kurdes qui combattent contre l’Etat Islamique et qui ont obtenu la mise en place d’un décret garantissant aux femmes les mêmes droits que les hommes

Aujourd’hui ces femmes doivent être des exemples pour chacun d’entre nous, sans distinction aucune, ni de religion, ni d’origine, ni de couleur mais avec la même volonté de faire reconnaître nos droits.
Dans une époque où le chômage, la précarité, la violence sociale et la haine raciale font leur entrée dans toutes les grandes démocraties occidentales, repensons le féminisme !